Conciergerie

Conciergerie

Histoire de la Conciergerie et du Palais royal

La Conciergerie et la Sainte-Chapelle constituent les vestiges du plus ancien palais royal parisien, le Palais de la Cité, transformé en prison au XVe siècle.

Avant le XIIIe siècle

Avant d’être cette terrible prison parisienne de bien funeste mémoire, la Conciergerie est une partie du premier palais des rois de France.

Au VIe siècle, Clovis (466-511), premier roi des Francs, installe sur l’île de la cité sa demeure royale.

5 siècles plus tard, avec Hugues Capet (939-996), premier roi capétien, il devient symbole de l’autorité royale et y établit son conseil et administration dans le palais de la Cité qui devient ainsi le siège du pouvoir royal.
Avec le temps qui passe et la puissance de la royauté, il s’agrandit, s’embellit et se modernise.

Ce n’est qu’au XIIe siècle, que le Palais de la Cité prend le nom de Conciergerie, en référence au concierge, personnage important en charge des affaires de justice dans le palais, nommé par le roi pour assurer l’ordre, la police, enregistrer les prisonniers et était chargé des clefs du palais royal et des chandelles (cierges) d’éclairage.

XIIIe siècle

C’est au XIIIe siècle que Louis IX (Saint Louis) (1214-70) fait construire la Tour Bonbec.

Saint LouisPhilippe le BelCharles V

XIVe siècle

Sur le site qui fut le lieu de résidence des gouverneurs romains puis des premiers capétiens, au début du XIVe siècle, Philippe le Bel, poursuivant l’œvre de son grand-père Saint Louis, charge le chambellan Marigny de reconstruire le Palais de la Cité et de le transformer afin d’y faire ériger une résidence luxueuse, moderne et confortable, symbole de sa puissance, ainsi que d’y regrouper les services de l’administration royale : Chambre des enquêtes, Grand’Chambre avec la salle des Gardes en-dessous, Grand’Salle avec la salle des Gens d’Armes en sous-sol, Tour de César, Tour d’Argent, galerie de circulation vers la Tour Bonbec.

La fabuleuse Salle des Gens d’Armes date donc de cette époque, à noter le bel ordonnancement des voûtes gothiques portées par d’énormes piliers, la sobriété de la décoration ne fait que renforcer la majesté du lieu.

Vers 1353, Jean II le Bon (1350-64) fait construire les cuisines et la Tour de l’Horloge.

En 1370, Charles V (1364-80) fait placer la première horloge dans la tour qui prend comme nom Tour de l’Horloge, horloge qui l’année suivante est dotée d’une cloche en argent.

À la fin du XIVe siècle, Charles V quitte la demeure royale de la Cité pour l’hôtel Saint-Pol, détruit depuis, après l’assassinat des conseillers de son père.
Il charge un intendant ou « conciergerie », doté de pouvoirs de justice, d’administrer le Palais et la prison.
De nombreux prisonniers d’État y séjournent tel Ravaillac, meurtrier d’Henri IV.

Par la suite, les rois capétiens désertent la Conciergerie préférant s’installer au Louvre et au château de Vincennes, laissant le Parlement de Paris et les administrations centrales du royaume occuper la place.
L’endroit est alors transformé en prison.

1418

La municipalité de Paris réclame que l’horloge comporte un cadran extérieur « pour que les habitants de la ville puissent régler leurs affaires de jour comme de nuit« .

1585

Henri III (1574-89) fait changer et installer un nouveau cadran à la Tour de l’Horloge par Germain Pilon.

XVIIe siècle

En 1618, un incendie détruit la Grand’Salle haute du palais.

En 1622, Salomon et Paul de Brosse reconstruisent la Grand’Salle mais ils commettent l’erreur de ne pas placer les nouveaux piliers à la verticale de ceux de la salle des Gens d’Armes.

En 1640, construction de la galerie Dauphine.

XVIIIe siècle

En 1737, un incendie détruit la Chambre des Comptes qui est reconstruite par Jacques V Gabriel.

En 1776, un incendie atteint le logis du Roi.
Les architectes Jacques Denis Antoine, Guillaume Martin Couture, d’embellissement sont chargés de la reconstruction des bâtiments de la cour du Mai.
Ils démolissent le trésor des Chartes, la Tour Montgomery et l’enceinte orientale du palais.
Ils construisent la galerie de la Sainte-Chapelle, les nouveaux espaces carcéraux témoins de la Révolution (cour des Femmes et la chapelle de la Conciergerie (chapelle des Girondins).

Conciergerie en 1790
Il fallait pouvoir payer des cellules luxueuses, se faire livrer des repas, pour ne pas dormir sur la paille, pour avoir une cellule individuelle, sinon les conditions de vie y étaient insupportables.

Chambre de pistolePendant la Révolution et la Terreur, elle devient l’antichambre de la guillotine où les prisonniers y sont jugés, condamnés et préparés pour rejoindre l’échafaud.
2 768 personnes passent à la Conciergerie dont la reine Marie-Antoinette, le dauphin, Bailly, Danton, les Girondins, Hébert, Philippe d’Orléans, Robespierre, Manon Roland, Olympe de Gouges, Charlotte Corday, Mme du Barry, Hoche, Lavoisier et Philippe Égalité, le duc d’Orléans y ont séjourné.

Le 6 avril 1793, le Tribunal révolutionnaire s’était installé au premier étage, dans l’ancienne grand-chambre du parlement de Paris.
L’accusateur public, Fouquier-Tinville, avait aménagé ses bureaux au même étage, entre les tours de César et d’Argent.
Dès lors, tous les prisonniers qui étaient détenus dans les différentes prisons de Paris, ainsi que dans certaines prisons de province et qui devaient comparaître devant le tribunal furent progressivement transférés à la Conciergerie.
Leur nombre ne cessa d’augmenter, surtout après le vote de la loi des suspects du 17 septembre.

Cachot« L’antichambre de la mort« .

Les détenus qui avaient comparu devant le Tribunal révolutionnaire qui siégeait au Palais de justice attenant et avaient été condamnés à mort n’étaient pas ramenés dans leur cachot.

Ils étaient immédiatement séparés des autres prisonniers et conduits, pour les hommes dans l’arrière-greffe, pour les femmes dans de petites cellules situées dans le couloir central.

Dès que l’exécuteur et ses aides arrivaient, tous étaient regroupés dans le vestibule baptisé salle de la toilette pour être dépouillés de tous leurs effets personnels, tondus et attachés.

Les condamnés traversaient la salle du guichet encadrés par des gendarmes et gagnaient la cour du Mai, donnant sur la rue de la Barillerie (qui se trouvait à l’emplacement de l’actuel bvd du Palais).

C’est là que les attendaient les charrettes qui devaient les conduire à la guillotine.

Dans les salles qui servirent de cadre à la Terreur, la cellule de Marie-Antoinette et une série de cachots ont été reconstitués.
La chapelle dite « des Girondins« , la chapelle expiatoire, aménagée selon le vœu de Louis XVIII à l’emplacement même de la cellule de Marie-Antoinette, la cour des femmes et la « salle de la toilette« , constituent aussi d’émouvants témoignages de l’époque révolutionnaire.

XIXe siècle

En 1812-19, Antoine-Marie Peyre restaure les voûtes de la salle des Gens d’Armes, construit une chapelle expiatoire à l’emplacement du cachot de la reine Marie-Antoinette.

En 1820-28, est construit le bâtiment donnant sur le quai de l’Horloge entre la Tour de l’Horloge et la Tour de César.
La voûte de la salle des Gens d’Armes, qui s’est effondrée à la suite d’une erreur de Salomon de Brosse, est refaite.

En 1847-71, des travaux d’agrandissement du Palais de Justice sont engagés sous la maîtrise d’œuvre des architectes Joseph Louis Duc et Étienne Théodore Dommey.
Ils construisent le bâtiment donnant sur le quai de l’Horloge entre la Tour d’Argent et la Tour Bonbec.

En 1852, réalisation de l’escalier à vis reliant la salle des Gens d’Armes au boulevard du Palais d’après un projet de l’architecte Ponsat.
Les grandes figures allégoriques de l’horloge, détruites pendant la révolution, sont restaurées.

En 1868-79, l’architecte Duc fait restaurer les salles médiévales de la Conciergerie.

Au XIXe siècle, la création des quais a surélevé l’île.
La salle est plus basse que la chaussée, ce qui entraîna l’inondation de 1910 qui l’a presque complètement noyée.

ConciergerieConciergerie
Conciergerie en 1831

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Après 1871

Duc achève la façade de Harlay.
Duc, assisté par Honoré Daumet, reconstruit la partie du palais de Justice détruite par l’incendie de 1871.

En 1914, la Conciergerie est classée Monument historique.

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