Conciergerie

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Les salles révolutionnaires

Après l’incendie de 1776, Louis XVI modernise la prison de la Conciergerie, utilisée ensuite sous la Révolution.
Le Couloir des Prisonniers

Il constituait l’axe principal de la prison, dans lequel les détenus circulaient à leur guise.
Trois bureaux ont été reconstitués.

Le bureau du greffier où étaient inscris, dès leur arrivés, les noms et les mouvements de détenus sur les registres de la prison, a été reconstitué.
Cette pièce est devenue la buvette du Palais de Justice.

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Le bureau du concierge est devenu, sous la Révolution, responsable des prisonniers.
Il était en charge de trouver un cachot de libre.

Le troisième bureau est la salle de la toilette du prisonnier était faite en vue de le préparer à la guillotine.
Les condamnés étaient dépouillés de leurs objets personnels avant leur exécution.
Les exécutions n’avaient pas lieu à la conciergerie mais sur les places de la Concorde, de la Nation et de la Bastille.

À l’étage, dans une pièce à gauche de l’escalier, figure la liste des prisonniers incarcérés à la Conciergerie pendant la Terreur.
Une série de cachots présente les différentes catégories de détenus :

  • Payeux ou pailleux : prisonnier le plus pauvre, réduit à coucher sur de la paille.
  • Pistolier : prisonnier pouvant acquitter quelques pistoles pour disposer d’une cellule meublée, équipée de lits, tels les bourgeois.
  • L’hôte de marque : aristocrate.

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La Salle des Pas-Perdus ou Salle Haute

La Salle des Gardes communiquait avec un vaste hall à l’étage supérieur connu sous Salle Haute (Grande Salle, une des plus illustres de l’histoire de France, jadis décorée de statues royales) avec un escalier en spirale qui lui est encore visible.
Incendiée en 1618, elle fut reconstruite par Salomon de la Brosse en 1622 en devenant l’actuelle Salle des Pas-Perdus, salle d’attente du Palais de Justice.
Après le nouvel incendie de la Commune (1871), elle fut refaite par Duc et Daumet, dans l’esprit de l’ancienne.
À l’extrémité droite de la pièce, en face du monument aux Morts, un escalier imposant, à double révolution, conduit aux chambres du tribunal civil et au greffe.

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Elle se compose de 2 immenses nefs séparées par un rang d’arcades en plein cintre.

Cœur du palais, la Salle Haute communiquait avec les appartements privés de Saint-Louis, l’actuel tribunal civil.
Dans les salles suivantes, objets et panneaux retracent 5 siècles et demi de vie carcérale à la Conciergerie.
La Chapelle dite « des Girondins »

Déjà existante au Moyen-Âge, elle occupe l’emplacement de l’oratoire médiéval du roi.

Restaurée et modifiée en 1776, la petite chapelle royale fut appelée « chapelle des Girondins » après que 21 députés Girondins y furent emprisonnés par Danton la nuit du 29 au 30 octobre 1793.
La veille de leur exécution, ces derniers y organisèrent un banquet, scène dont le peintre Bailly s’inspira en 1844 pour réaliser l’une de ses toiles.

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La Chapelle commémorative de Marie-Antoinette

Elle fut aménagée en 1815, à l’emplacement précis de la cellule de la reine.
La cellule que Marie-Antoinette avait occupée à la Conciergerie n’existe pratiquement plus : elle a été transformée en chapelle expiatoire sous la Restauration, conformément aux intentions de Louis XVIII et aux directives du Comte (depuis Duc) Decazes alors Ministre de la Police Générale.
Les travaux réalisés par l’architecte Peyre le neveu, l’ont rendue si méconnaissable qu’il a paru impossible de la rétablir dans son état ancien.
La pièce fut coupée en 2 par un mur et la moitié qui avait été occupée par la Reine fut réunie à la chapelle de la prison.
Il fallut, pour cela, percer 2 murs et transformer en passage un local où une tradition (non fondée historiquement) situait les dernières heures de Robespierre.
Murs et plafonds furent enduits et décorés de faux marbres.
Un mobilier et des tableaux furent mis en place.
Seul l’ancien sol de briques posées sur champs fut respecté, encore fut-il très restauré.

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Les travaux de 1989 ont consisté dans la restaration de cette chapelle expiatoire dont le décor peint subsistait sous les badigeons des murs et dont le mobilier a pu être facilement regroupé.
Ce choix est conforme à la doctrine des Monuments Historiques et à la « Charte de Venise » qui veulent qu’un monument soit maintenu ou restauré dans son dernier état historiquement significatif.

Les principales richesses de cet oratoire sont :

  • Dans le vestibule : 2 stèles à la mémoire de Louis XVI (médaillon refait) et de Madame Élisabeth.
  • Dans l’oratoire proprement dit : un cénotaphe de marbre (situé dans l’axe du vestibule) où sont gravés une dédicace latine, composée par Louis XVIII, et un extrait du « testament » de Marie-Antoinette.

ConciergerieConciergerie
Conciergerie
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Au fond de la cellule (face à la fenêtre) un autel entouré de 3 tableaux datant de 1817, de gauche à droite :

  • Marie-Antoinette séparée de sa famille, au Temple, pour être conduite à la Conciergerie, par Jacques Augustin Pajou (1766-1828).
  • La Reine à la Conciergerie après avoir reçu les secours de la Religion, par Gervais Simon.
  • La dernière Communion de la Reine, par M.M. Drolling.

M.M. Drolling

La Cour des Femmes

Bordant le logis du roi et entourée par 2 étages de cachots de prisonnières, elle présente encore la fontaine où celles-ci lavaient leur linge, une des tables de pierre où elles prenaient les repas et « le coin des douze » ou des derniers adieux.
Dans un coin subsiste un enclos triangulaire séparé par une grille de la cour des femmes, dépendant du quartier des hommes et, surtout qui comptait chacun des « douze » condamnés qui pouvaient une dernière fois, dans cet espace, dire au revoir à leur famille avant d’être emportés par la charette vers la guillotine.

Une cloche, au fond, marquait les différentes parties de la journée en prison.
La cour permettait aussi aux femmes de se promener et pouvaient communiquer avec les hommes à travers les barreaux du portail.

Conciergerie en 1831
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La Cellule de Marie-Antoinette

À 2 reprises, la Reine Marie Antoinette y est enferméee avant d’être emportée dans une charette à 12 places vers la guillotine.

La première cellule de Marie-Antoinette :
Elle fut installée dans l’ancienne chambre de réunion des guichetiers (une cellule humide composée d’un lit de sangle, d’un fauteuil en canne, de 2 chaises et d’une table) donnant sur la cour des femmes par une étroite fenêtre.
Elle était occupée avant pour le général Custine.
Après une tentative d’évasion, Marie-Antoinette fut transférée dans la deuxième cellule, qui était en fait l’apothicairerie.

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La deuxième cellule de Marie-Antoinette :
La reconstitution de la cellule de la reine a été faite pour une moitié sur l’authentique cachot de la reine et pour l’autre moitié sur la travée contiguë à l’est.
Un paravent la séparait de 2 gendarmes qui assuraient sa surveillance en permanence.

Elle est située à côté de la petite chapelle royale érigée par Louis XVIII de France à l’endroit même de la cellule de la reine, qui fut coupée par un mur.
La moitié ouest fut réunie à la chapelle par un local où la tradition situe les dernières heures de Maximilien de Robespierre.

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ConciergerieActe d'accusation de Marie-Antoinette

Marie-Antoinette fut condamnée sur plusieurs chefs d’accusation :

  • organisatrice de « l’orgie » du 1er octobre 1789
  • responsable du massacre de juillet 1791
  • responsable de l’horrible conspiration du 10 août
  • dilapidation du trésor national
  • intelligence avec les ennemis de la République
  • atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de la France
  • responsable de la guerre civile

Lorsque le président du tribunal questionna la Reine sur les motifs de son silence par rapport à cette terrible accusation, Marie-Antoinette eut cette réplique :

Si je n’a pas répondu, c’est que la nature se refuse à répondre à une pareille inculpation faite à une mère.
J’en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici.

Marie-Antoinette en femme très pragmatique devait savoir que son sort était scellé d’avance et qu’elle ne devait attendre, dans cette tourmente haineuse qui s’était emparée du pays, aucune clémence de la part du tribunal révolutionnaire.
La presse de l’époque évoqua la Reine en ces termes :

Elle ne donna pas le moindre signe de crainte, ni d’indignation, ni de faiblesse.
Elle descendit les gradins sans proférer une parole, ni faire aucun geste, traversa la salle comme sans rien voir ni rien entendre.
Et lorsqu’elle fut arrivée devant la barrière où était le peuple, elle releva la tête avec majesté.

De retour dans son cachot, Marie-Antoinette demande de quoi écrire et rédige une dernière lettre pour sa belle-sœur, Madame Élisabeth, sœur de Louis XVI, décapitée à son tour le 10 mai 1794.
La lettre ne parviendra jamais à son destinataire puisqu’elle fut interceptée par Fouquier –Tinville, l’accusateur public du tribunal révolutionnaire.

Marie-Antoinette griffonne ensuite sur son livre de prières quelques mots pathétiques pour ses enfants :

16 octobre à quatre heures et demie du matin.
Mon Dieu ayez pitié de moi ! Mes yeux n’ont plus de larmes pour pleurer pour vous, mes pauvres enfants !
Adieu ! Adieu !.

Le procès verbal d’exécution de sa mort la mentionne comme « veuve de Louis Capet« .

Procès verbal éxecution de Marie-Antoinette
Prière de Marie-Antoinette
Georges CainGervais Simon

À la surprise générale, elle descend seule, sans soutien, de la charrette avec « promptitude et légèreté », dit Rouy dans la relation qu’il fit de la scène, bien que ses bras soient liés.
Il ajoute :

Elle est même montée à la bravade, avec un air plus calme et plus tranquille qu’en sortant de prison.

« Audacieuse et insolente jusqu’au bout » écrira le Père Duchesne, le journal révolutionnaire d’Hébert, cité comme témoin dans le procès de Marie-Antoinette.
Dans son empressement, la Reine marche involontairement sur le pied du bourreau.
« Monsieur, je vous en demande pardon« .
Pardon, ce sera le dernier mot prononcé sur terre par la Reine.

Les objets ayant appartenus à la Reine

ConciergerieConciergerieConciergerie

C’est dans le broc à eau en porcelaine qu’une prisonnière aurait donner à boire à Marie-Antoinette au moment où celle-ci quittait la Conciergerie pour l’échafaud.

La salle de la toilette

ConciergerieÀ cet endroit, les condamnés à mort étaient dépouillés de leurs objets personnels au profit de l’État ou du bourreau, peu rémunéré et pour qui, donc, il n’y avait pas de petits gains : bijoux, tabatières, lunettes, montres.

Chacun d’eux était ensuite assis sur un escabeau, avait les mains liées derrière le dos, puis le col de sa chemise était échancré afin d’avoir les cheveux coupés au ras de la nuque.

Les condamnés étaient ensuite escortés jusqu’à la cour du Mai, où attendaient les charrettes qui devaient les conduire sur leur lieu d’exécution.

La chambre dorée ou Grand-Chambre

Vestige de l’ancien palais, ce lieu a joué un rôle considérable dans l’histoire du palais.

Probablement chambre de Saint-Louis à l’origine, elle fit plus tard partie des locaux du parlement de Paris.

C’est dans la chambre Dorée du Palais de justice que siège le tribunal révolutionnaire, à partir du 6 avril 1793, et que de nombreux personnages historiques furent condamnés, dont Marie-Antoinette.

Restaurée en 1866, incendiée en 1871, la Grande-Chambre a été rétablie dans le style primitif de Louis XII (1502) par Duc et Daumet.

La Gallerie Marchande

Cette longue galerie, autrefois connue comme Mercerie du Palais, la Galerie Marchande donnait sur la cour du May (cour du Mai).
Elle reliait la Haute Salle de la Sainte-Chapelle et était bordée d’une multitude de boutiques et d’échoppes.
C’était l’un des quartiers les plus animés du palais.

La façade ouest a été restauré après l’incendie de 1776.

La vie quotidienne à la prison

La Conciergerie était réputée comme la plus dure des prisons.
Pendant la Terreur, les cellules accueillent plusieurs centaines de prisonniers, logés dans de terribles conditions d’insalubrité et d’entassement.
Jusqu’en 1794, les « suspects » cohabitent avec les prisonniers de droit commun.
La veille de leur comparution, les détenus étaient informés du début de leur procès et des charges pesant contre eux par le « journal du soir » ou acte d’accusation.
Une fois le verdict prononcé, les condamnés à mort pouvaient s’offrir un dernier banquet.

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