Frédéric Chopin

Frédéric Chopin

Fin 1830-1835 : Années d’adaptation

1830 : Période viennoise

28 NOVEMBRE
Passé par Dresde et Prague, Chopin s’arrête à Vienne pour 8 mois, où la ville lui fait un triomphe mitigé.

Les premiers jours sont heureux :
il retrouve avec plaisir le compositeur allemand Johann Nepomuk Hummel (1778-1837) dont le fils fait son portrait, le facteur de pianos Graf, le médecin impérial italien Johann Malfatti (1775-1859), dont l’épouse est polonaise ; il assiste à plusieurs opéras

Il fait la connaisance du pianiste et compositeur autrichien Sigismond Thalberg (1812-71) dont il admire la virtuosité pianistique, mais ne semble pas apprécier le personnage.
Il se lie avec le pianiste virtuose hongrois Josef Slavík (1806-33)

Johann Nepomuk HummelJohann MalfattiSigismond ThalbergJosef Slavík

11 et 18 AOÛT
Il donne 2 concerts au Kartnertortheater de Vienne (Autriche), où il interprète ses variations La ci darem et remporte un immense succès.
Il est invité par le compositeur autrichien Carl Czerny (1791-1857) et accueilli par le comte Maurice Lichnowski, le dernier ami resté fidèle à Beethoven.

Carl Wenzel Zajicek
Carl Wenzel Zajicek (1860-1923) est un peintre autrichien, surtout d’aquarelles.


Mais petit à petit, ses démarches ne trouvent pas un écho favorable car l’insurrection qui éclate à Varsovie indispose une partie des Viennois à l’égard des Polonais.

1831 : Période parisienne

16 JUILLET
Il écrit à sa famille restée en Pologne « Apprenez que j’ai fait viser mon passeport pour Londres »,.
Un passeport pour Londres qui toutefois mentionne « via Paris ».

Cliquer pour écouter ses premières Nocturnes Op.15 N°1.

20 JUILLET
Paris !
La ville – surnommée alors « Pianopolis » à cause du nombre impressionnant de pianistes qui y grouillent – lui réserve très vite le succès qu’il mérite, il a alors 22 ans.

Lorsqu’il arrive dans la capitale, les sentiments de Chopin sont mitigés à l’égard des Français.
Il leur conserve un ressentiment de n’avoir pas secouru les Polonais insurgés, maintenant écrasés par le joug russe, et dans le même temps, il est fasciné par la ville en effervescence.

Les journées révolutionnaires de juillet 1830 ont ouvert une ère de prospérité et, plus encore, Paris devient le centre des courants artistiques nouveaux, le cœur du romantisme.

SEPTEMBRE
le 11, Chopin s’installe au 27 Boulevard Poissonnière à Paris, dans 2 pièces modestes avec un grand balcon au 5e étage d’où il est possible de voir à la fois Montmartre et le Panthéon.

Paris

Isidore Dagnan
Isidore Dagnan (1788-1873) est un peintre paysagiste français.


Chopin est à pied d’oeuvre pour mener dans les grands cafés élégants du boulevard la vie joyeuse qu’il partage avec ses amis polonais de l’émigration et ceux qu’il se fait à Paris, parmi lesquels les compositeurs hongrois Franz Liszt (1811-86), allemand Felix Mendelssohn (1809-47) et Ferdinand Hiller (1811-85), français Hector Berlioz (1803-69), italien Vincenzo Bellini (1808-35), le violoncelliste français Auguste-Joseph Franchomme (1808-84), le peintre français Eugène Delacroix (1798-1863).

Il fréquente aussi le Théâtre-Italien tout proche dirigé par le compositeur italien Gioachino Rossini (1792-1868).

Vincenzo BelliniFranz LisztFelix MendelssohnFerdinand Hiller
Hector BerliozAuguste-Joseph FranchommeEugène DelacroixGioachino Rossini

De son appartement d’alors, il écrit : «J’ai une petite chambre au délicieux mobilier d’acajou avec un balcon donnant sur les boulevards d’où je découvre Paris, de Montmartre au Panthéon ».
C’est dans ce modeste logement qu’il prépare ses premiers concerts.
Cette année à Paris marque les débuts difficiles du pianiste.

Loin d’être fulgurante, sa carrière musicale se construit pas à pas, entraînant de vagues moments de déception et de découragement pour le jeune compositeur qui songe même à partir pour l’Angleterre.
La difficulté à donner son premier concert en est l’un des motifs principaux.
D’autant qu’à l’époque, sans enregistrement, les concerts restent le seul moyen pour un jeune artiste de se faire remarquer.
Il se produit finalement en public dans les salons Pleyel, au 9 rue Cadet.
À cette occasion, il rencontre Liszt qui ne tarit pas d’éloges concernant le jeune virtuose.
Mais si les critiques et les pairs du musicien se montrent enthousiastes, les concerts ne constituent qu’une maigre source de revenus.
Cette précarité financière n’a toutefois pas empêché Chopin de composer les 4 Mazurkas de l’Opus 6.



Paris

Il assiste également aux représentations de « l’Opéra-Français », rue Le Peletier, notamment Robert le Diable du compositeur allemand Giacomo Meyerbeer (1791-1864) dans lequel il s’enthousiasme pour le ténor Nourrit.
Il fait aussi la connaissance du compositeur français et éditeur de musique Ignace Joseph Pleyel (1757-1831) et du compositeur et pianiste allemand Friedrich Wilhelm Kalkbrenner (1785-1849).

Friedrich Wilhelm KalkbrennerGiacomo MeyerbeerIgnace Joseph Pleyel

18 NOVEMBRE
Il écrit une lettre à Alfons Norbert Kumelski (1802-53), professeur de sciences naturelles polonais qu’il a rencontré à Vienne, dans laquelle il dit :

Sans doute resterai-je à Paris plus longtemps que je le pensais, non que j’y sois tellement bien, mais parce qu’il est possible que peu à peu, je parvienne à l’être.

1832

26 FÉVRIER
Il donne son 1er concert devant le Tout Paris dans les premiers salons Pleyel, situés à l’Hôtel Cromot-du-Bourg, où il joue :

  • son Concerto pour piano en mi mineur
  • ses Variations Op. 2
  • la Polonaise pour 6 pianos de Kalkbrenner avec le concours d’autres solistes



20 MAI
Il donne son deuxième concert parisien qui le rend définitivement célèbre.

À la Société des Concerts du Conservatoire de Paris, il participe à un concert de bienfaisance, organisé par le duc d’Elchingen, prince de la Moskowa, maréchal d’Empire Michel Ney (1769-1815), prince de la Moskova, où il joue l’Allegro du Concerto en mi mineur.

JUIN
Il donne des leçons de musique.
Sa situation sociale s’étant améliorée, Chopin désormais célèbre, s’installe au 4 cité Bergère (Paris, IXe), au 1er étage.
Le déménagement de Chopin cité Bergère aurait eu lieu suite à un hiver difficile dans son précédent logement.

Paris
Aujourd’hui, le bâtiment a été transformé en hôtel.


ÉTÉ
Il est invité chez le Baron James de Rothschild (1792-1868).

À cette époque, il passe pour être l’amant d’une musicienne talentueuse, Delphine Potocka (1805-77).
Cette comtesse polonaise, née Komar, est une beauté célèbre de 25 ans, dont la voix merveilleuse fait tourner la tête de Chopin.
Leur aventure dure peu de temps.

Michel NeyJames de RothschildDelphine Potocka

Je me trouve introduit dans le grand monde (…), je ne sais par quel miracle car je n’ai rien fait pour m’y pousser.
Mais c’est, dit-on, pour moi chose indispensable que d’y paraître car c’est de là, affirme-t-on, que vient le bon goût.

Enfin introduit dans la grande société, le musicien renonce à son projet de quitter la France.
C’est ainsi que sous l’influence de son ami le prince Radziwiłł, il joue dans les salons afin de se faire connaître et favorise sa carrière professionnelle.

Hendrik Siemiradzki
Hendrik Siemiradzki (1843-1902) est un peintre russe.

Je jouis de l’amitié et de l’estime des artistes.
Je ne l’écrirais pas si un an seulement après avoir fait ma connaissance, des maîtres d’une grande réputation ne m’avaient dédié de leurs œuvres sans même que je leur en aie dédiées au préalable des miennes.

Les élèves se précipitent dès lors à sa porte et les leçons qu’il fait payer très cher constituent sa principale source de revenus.

Astolphe Louis Léonor L’écrivain français, Astolphe Louis Léonor, marquis de Custine (1790-1857), fait construire un château à Saint-Gratien (Val-d’Oise, 95) où il y reçoit de nombreux artistes comme

  • les écrivains Honoré de Balzac (1799-1850), François-René de Chateaubriand (1768-1848), Alfred de Musset (1810-56), Alphonse de Lamartine (1790-1869), George Sand (1804-76), Jules Barbey d’Aurevilly (1808-89) et Victor Hugo (1802-85)
  • le peintre Eugène Delacroix (1798-1863)
  • le musicien Frédéric Chopin (1810-49)

Honoré de BalzacFrançois-René de ChateaubriandAlfred de MussetAlphonse de Lamartine
George SandJules Barbey d'AurevillyVictor HugoEugène Delacroix

1833

Harriet Smithson2 AVRIL
Il se produit au Théâtre-Italien pour un concert organisé par Berlioz (1803-69) au profit de son épouse, l’actrice irlandaise Harriet Smithson (1800-54).
Chopin et Liszt jouent la Sonate en fa mineur à 4 mains d’Onslow.

JUIN
Il s’installe au 5 Chaussée d’Antin (Paris, IXe).

François-Joseph FétisÉTÉ
Il passe quelques jours à Bruxelles (Belgique), certainement à l’invitation du compositeur, critique musical et musicographe François-Joseph Fétis (1784-1871), directeur du Conservatoire royal de la capitale.
Au retour, il s’arrête à Lille.

3 SEPTEMBRE
Il donne son 1er concert public en province à Tours (Indre-et-Loire, 37).

15 DÉCEMBRE
Il joue à la Salle du Conservatoire en compagnie de Liszt et Hiller l’Allegro du Concerto en ré mineur pour 3 pianos de Jean-Sébastien Bach.

Frédéric ChopinFrédéric Chopin

1834

Chopin choisit l’exil définitif en refusant, malgré les recommandations de son père, de demander un passeport russe à l’ambassade, qui lui aurait permis de retourner en Pologne.

De plus, il partage désormais son appartement avec Jan Matuszynski, l’un de ses proches amis de Varsovie, médecin venu à Paris pour y enseigner à l’École de Médecine.


1 thought on “Frédéric Chopin

  1. Bonjour,
    Votre biographie sur Frédéric Chopin est tout simplement magnifique, belles photos en plus, tout y est.
    Très agréable à lire et à regarder !
    Peu de sites proposent une telle qualité, bravo à vous pour ce formidable travail !
    Monique 🙂

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