Histoire de Biarritz

Jusqu’au XVIIe siècle

Le cap Saint-Martin, que domine le phare de Biarritz marque la limite entre la côte sablonneuse au nord, commencée à l’extrême pointe de la Gironde et qui se termine à Anglet (Pyrénées Atlantiques, 64), et la côte découpée de falaises du Pays basque au sud.

Phare de Biarritz sur le Cap St Martin
La ville de Biarritz a été fondée sur un site remarquable par plusieurs aspects.
Il s’agit d’abord de la première côte rocheuse depuis l’estuaire de la Gironde et les plages des landes (c’est le Cap Saint Martin sur lequel est construit le phare qui marque cette limite).

Cette côte offre de plus une baie magnifique ainsi que des criques qui sont autant d’abris naturels face à l’océan.

Il est difficile de trouver des preuves d’une occupation ancienne du site, mais quelques vestiges préhistoriques ont été retrouvés au niveau des grottes du Cap Saint Martin.

Par la suite, il n’y a pratiquement aucun document sur Biarritz avant l’an 1200.
Probablement y avait-il là quelques maisons de pêcheurs, mais rien de bien significatif.

Les premières mentions officielles du lieu apparaissent dans les archives de l’église de Bayonne, qui nous apprennent surtout l’importance de la pêche à la baleine dans ce petit port.

La baleine était très importante pour l’approvisionnement en nourriture de Bayonne.
La ville ne pouvait compter que partiellement sur son propre port suite au déplacement de l’embouchure de l’Adour.

Le village de Biarritz versait une dîme à sa grande voisine (Bayonne) en échange de sa protection et de quelques avantages, mais préférait parfois servir sa rivale Saint Jean de Luz, ce qui entraînait de vives tensions entre les 2 villes.
L’activité de pêche s’est développée jusqu’en 1500.

Biarritz était une étendue triste et dépeuplée, un village pauvre vivant à peine du produit de la pêche ; des dunes couvertes d’herbes sèches et calcinées, longeant un océan souvent furieux qui battait une côte inaccessible et redoutable.

Aussi sur ces falaises glaiseuses vivaient quelques centaines d’hommes et femmes, de race euskarienne, de religion particulière, s’exprimant dans une langue mystérieuse.
Dans ce village, vivait une belle jeune fille, Miarritze, qui eut une nuit un rêve étrange : le dieu Yahvé lui apparut et lui promit d’envoyer sur le territoire abandonné l’âme de Martin, son serviteur.

Celui-ci apparaîtrait sous forme d’un oiseau au plumage coloré qui porterait dans son bec un poisson aux écailles d’or, symbole de la richesse et du bien-être qui naîtraient sur cette côte.

Le discours de la jeune fille réussit à convaincre les habitants qui quelques jours plus tard repérèrent un merveilleux passereau, en fait un Martin-pêcheur.
Cet évènement, sur les encouragements de Miarritze, poussa les habitants à construire des embarcations pour affronter la mer.
Ils se lancèrent dans l’aventure de la pêche, en particulier des baleines qui folâtraient, nombreuses, au large.

Un jour de grande tempête, Miarritze, debout sur la grève, observe les efforts d’une barque de pêcheurs qui tente de gagner la plage, avant de s’échouer.
Elle leur vient en aide et les accueille chez elle.
Ce sont des marins venus de Gascogne, des Biarrins ou hommes pacifiques mais aguerris, pêcheurs et navigateurs avertis.
Elle épousera leur chef.
De leur union et de celle des 2 noms naîtra la ville.

L’étymologie, elle, ignore la légende et veut que le nom de la ville vienne de Bearrids et Beiarrids, de « beder » ou « voir« , c’est-à-dire « l’endroit d’où l’on voit« .

Au Moyen-Âge, Biarritz est un petit port dont les pêcheurs sont renommés pour leur habileté à harponner les baleines.
L’huile de l’animal est alors très recherchée pour éclairer les maisons.
Les os et les côtes sont aussi utilisés pour fabriquer des clôtures, et la peau, découpée en lanières, pour confectionner des sièges ou des casques.
Bien sûr, on mange aussi la chair, en particulier la langue, mets de choix pour visiteurs de marque.

Temps des baleines
Le site du village est particulièrement bien adapté à la pêche à la baleine.
L’anse où se trouve aujourd’hui le Port Vieux est à l’abri de la houle du large.
Une passe garantit l’accès des embarcations à la baie.
La plage en pente douce permet d’échouer les cétacés à marée haute, puis d’attendre la marée basse pour les dépecer.

Les villageois travaillent sur la plage, où ils ont installé des fours pour fondre le lard, des cheminées pour cuire et fumer la viande, des amphores pour conserver l’huile.

Les baleines font vivre les pêcheurs jusque vers la moitié du XVIIe siècle.
Puis elles s’éloignent de plus en plus vers le large et les pêcheurs doivent aller jusque vers Terre Neuve pour les trouver.

Après 1600, la pêche à la baleine décline pour s’arrêter définitivement en 1690.
Biarritz compte alors environ 1 000 habitants.
L’activité de pêche reste assez faible, n’étant évidemment pas favorisée par l’absence d’installation qui rend le Port Vieux peu utilisable.

Il faudra attendre le milieu du XVIIIe siècle avant que les bains ne soient reconnus comme une thérapie efficace contre toutes sortes de maux.

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