Histoire du drapeau du Québec

1834 : à la recherche de la démocratie

Le Parti patriote présente à l’Assemblée du Bas-Canada (le Québec) ses Quatre-vingt-douze Résolutions, qui expriment les griefs de la population à l’endroit des autorités britanniques et demandent plus de liberté et de démocratie.

Les 92 Résolutions sont un programme prônant des changements radicaux à la Constitution de 1791 et dénoncent des abus.

Parmi les demandes, qui sont envoyées au Roi d’Angleterre : un gouvernement responsable, l’élection des membres du conseil exécutif et avoir plus de candien-français à l’administration du pays.

1837-1838 : luttes pour la liberté et la démocratie

Lord Durham Devant le refus des autorités d’accéder aux demandes du Parti patriote en dépit de son éclatante victoire aux élections précédentes, le drapeau des Patriotes flotte d’abord sur des assemblées populaires.

La tension ne cesse de monter et, finalement, le drapeau des Patriotes fait face à l’Union Jack dans une série de combats à l’automne 1837 et à l’hiver 1838.

À la suite de la défaite du mouvement patriote, le tricolore vert, blanc et rouge est banni par les autorités.

En 1840, conformément à la recommandation de lord Durham, Londres fusionne le Bas-Canada (Québec) et le Haut-Canada (Ontario) afin d’étouffer un nationalisme susceptible de menacer l’intégrité de l’Empire britannique.

1848 : un retour passager des couleurs françaises

Malgré l’Acte d’Union de 1840, les habitants du Québec n’en continuent pas moins d’affirmer leur identité.

En 1848, lors du défilé du 24 juin, est arborée une bannière qui aurait été témoin de la victoire de Carillon en 1758.
Cette bannière frappe l’imaginaire d’un peuple qui retrouve ainsi la fleur de lis comme symbole.

Victoire des Troupes de Montcalm à Carillon par Henry Alexander Ogden
Victoire du Fort Carillon menée par le général Montcalm – Ticonderoga, 8 juillet 1758

Lien : Histoire de Québec

Ce retour des couleurs françaises franchit une autre étape en 1854 à la faveur d’une alliance entre la France et l’Angleterre lors de la guerre de Crimée.
Une première victoire franco-britannique amène les anglophones de Montréal à brandir le tricolore français.

1900 : la recherche d’un drapeau national

Drapeau de l'abbé Baillairgé
L’aube du XXe siècle suscite au Québec une floraison de projets de drapeau.

Certains proposent d’apposer une feuille d’érable au drapeau français, d’autres encore voudraient revenir à l’ancien drapeau blanc du régime français.

En 1901, l’abbé Frédéric-Alexandre Baillargé propose un drapeau fleurdelisé azur parsemé de fleurs de lis au centre duquel figurent les armoiries du Québec surmontées d’une couronne ainsi qu’un castor.
Mais ce drapeau contient trop d’éléments et ne sera pas retenu.

L’année suivante, Elphège Filiatrault, curé du village de Saint-Jude près de Saint-Hyacinthe (Montérégie, Québec), hisse sur son presbytère un drapeau inspiré de celui de Carillon (1758).

Drapeau d'Elphège Filiatrault, à droite amélioré
Drapeau d’Elphège Filiatrault, à droite amélioré

Dès 1903, est ajouté l’emblème du Sacré-Cœur au centre du drapeau de Carillon.
Ce nouveau drapeau devient rapidement populaire, mais l’ajout d’un symbole religieux sur un drapeau national ne plaît pas à l’auteur de la version originale.

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