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La prison de la Tour de Constance

L’Oratoire de Saint Louis

Ce petit vestibule vo√Ľt√© se trouve juste en face de la porte d’entr√©e de la Salle des Prisonni√®res.
Il servit d’oratoire √† Louis IX.

C’est ici que certaines femmes d√©sesp√©r√©es ont sign√© une lettre d’abjuration leur permettant de quitter la tour.

La tour ne garde pas bien longtemps sa vocation premi√®re et devient alors prison d’√©tat.
C’est l√† qu’on y enferme tout d’abord les templiers, puis les protestants, attendants de partir aux gal√®res.

Une vingtaine de femmes environ ¬ę¬†habitaient¬†¬Ľ la Tour, certaines y sont m√™me n√©es et y √©taient enferm√©es d√®s 14 ans.
Il y avait en guise de fenêtres des meurtrières par lesquelles passait un tout petit peu la lumière.

Un monte-charge bord√© d’une margelle permettait de monter la nourriture aux captives.
Elles mangeaient l’Allouance, c’est-√†-dire le Pain du Roi, un vilain pain bis accompagn√© d’eau croupie.
Elles avaient des bienfaiteurs √† Amsterdam qui leur envoyaient l’argent leur permettant d’acheter d’autres nourritures.
La maladie emportait beaucoup des captives.

Voir Tour de Constance (article )

Les Prisonnières Protestantes de la Tour de Constance

En r√©voquant l’√Čdit de Nantes, Louis XIV interdit le protestantisme.
Ceux qui sont surpris dans les Assembl√©es clandestines, au ¬ę¬†D√©sert¬ę¬†, sont s√©v√®rement r√©prim√©s.
Les femmes sont condamnées à être enfermées, souvent pour le reste de leurs jours, dans les prisons du royaume qui sont nombreuse mais dont la plus célèbre est sans aucun doute la Tour de Constance.

L’une des prisonni√®res les plus connue est Marie Durand (1712-76) enferm√©e en 1730 √† 15 ans, pour le seul motif de sa foi protestante, et lib√©r√©e 38 ans plus tard, le 14 avril 1768, √† l’√Ęge de 41 ans.

Le Commissaire De Fitte se présenta à la Tour de Constance les 22 et 23 septembre 1758 et fit enregistrer les noms des captives, avec divers détails qui les concernaient.
Les prisonni√®res le trouv√®rent honn√™te homme, le virent touch√© de leur √©tat, et il pronon√ßa de vagues paroles d’esp√©rance.
Son rapport dit que :

La Tour consistait ¬ę¬†en 2 √©tages o√Ļ l’on pouvait mettre 15 lits dans chacun¬ę¬†.

Toutes les femmes, dit-il, qui y sont renferm√©es sont bien entretenues et ne paraissent manquer de rien. Il y a lieu de croire qu’elles ne sont nullement g√™n√©es. Elles n’ont aucune plainte √† formuler.

Il y avait alors 21 prisonnières.
De Fitte inscrivit √† part 20 protestantes, ajoutant qu’une catholique (Anne Roux) √©tait avec elles ¬ę¬†dans la m√™me salle¬ę¬†, et conseillant de la s√©parer des ¬ę¬†calvinistes¬ę¬†.
La liste du Commissaire stipule que depuis 1754, 5 femmes sont mortes √† la Tour, dont les 2 plus √Ęg√©es de toutes :

  • Marie B√©raud (1725)
  • Suzanne Seguin-Vedel

Les autres sont :

  • Anne Sali√®ge (1719)
  • Marie Verilhac (1737) (un acte notari√© dit apprend que celle-ci vivait encore en mars 1755)
  • Marie Picard (1752)

Mais Anne Gaussent (1723) et Marie Robert-Frizol (1727) vivent toujours, captives l’une depuis 35 ans, l’autre depuis 31, et Marie Durand aussi, prisonni√®re depuis 27 ans.

Le prince de Beauvaux, gouverneur du bas Languedoc, lors d’une tourn√©e d’inspection se fait ouvrir le cachot.
√Čmu par sa d√©tresse et son indomptable √©nergie morale, il la fait lib√©rer avec les 2 derni√®res captives Suzanne Pag√®s (23 ans de cachot) et Marie Roux (27 ans).

Il y eu aussi Anne Saliège, Marguerite Forestier, Suzanne Loubière, Jeanne Mazauric, Espérance Durand, Jacquette Paul, Catherine Guidès, Isabeau Amat et Marie de la Roche : dame de la Chabannerie sont toutes mortes dans la Tour de Constance (fièvres, privations, chagrins).
Marie Durand incarne à elle seule la résistance réfléchie et la triomphante résignation des prisonnières.

La dernière femme, Jeanne Darbon, entra en 1761.

Malgr√© l’√©volution d’une opinion plus √©clair√©e, l’obstination du ministre d’√Čtat Florentin ne devait rel√Ęcher que lentement les prisonni√®res dont l’√©preuve attirait une piti√© croissante.
Fonctionnaires, la√Įques, fr√®res Cordeliers leur manifestaient une sympathie de plus en plus agissante.
Tandis que les mesures de cl√©mence se dessinent, elles connaissent, avec les pr√©mices de leur lib√©ration, une longue suite d’esp√©rance et de d√©ceptions.