Phare de Biarritz

L’hélice de Hals

Cette hélice, posée là depuis 1997, appartenait au chalutier russe le « Frans hals« .

Histoire du Frans Hals

Le mercredi 20 novembre 1996, une violente tempête s’abat sur le Golfe de Gascogne.
Sous un ciel d’encre, pris dans une mer déchaînée, un chalutier en perdition dérive entre les rochers, balloté dans des creux de 5 à 7 mètres et se rapproche inexorablement des plages de Biarritz.

Vers 14h30 à environ 45 mètres de la promenade, le navire vient s’échouer sur la plage de Miramar et en raison d’une surcote de marée exceptionnelle de 85 m due à la tempête, monte très haut sur la plage.

Hélice de HhalsHélice de Hals

Le Frans Hals venait de Mourmansk, en Russie.
Chalutier-usine de plus de 4 000 tonnes, il était remorqué depuis les mers polaires à destination de Bilbao (Espagne) pour y être vendu à la féraille.
La rupture brutale d’un câble de remorque en décide autrement.
Privé de gouvernail et poussé par de fortes rafales de près de 40 nœuds, le vieux brise-glace de 103 mètres de long, avec 4 marins à son bord, finit par s’échouer sur la plage de Miramar.

Dès le petit jour, c’est un flot ininterrompu de balauds qui vient découvrir cet hôte envahissant.
Une grande question se pose alors : comment faire disparaître l’épave ?
Les autorités mettent rapidement en place une cellule d’urgence.
Les experts étudient la position du bâteau, les conditions météorologiques et géographiques et décident de profiter des grandes marées de la mi-décembre pour renflouer le navire.
Les préparatifs s’accélèrent :

  • pompages et assainissement de l’épave
  • repérages des fonds et de la future trajectoire
  • mise en place des points d’ancrage
  • positionnement des 13 tonnes de chaînes
  • mise sous pression des ballasts
  • soudure et renforcement de la coque

Enfin, au niveau de Brest, les remorqueurs Abeille Flandre, Abeille Supporteur et Abeille Picardie, chargés d’exercer les 350 tonnes de traction nécessaires au renflouage.

Hélice de Hals
La manœuvre est prévue pour le vendredi 13 décembre 1996.
Quelques heures auparavant, des bulldozers creusent encore pour libérer le navire de sa gangue de sable.
À 5h du matin, l’opération d’une haute technicité est lancée.
Sous une nuit claire et une mer d’huile, les spectateurs très nombreux attendent le dénouement.
À bord du Frans Hals, les marins sont à leur poste, ainsi que les équipages des remorqueurs, des bâtiments de la marine nationale et des hélicoptères, au total plus de 100 hommes accompagnent la manœuvre.

À 6h50 précise, le chalutier pivote enfin, se met dans l’axe des remorqueurs, et s’enfonce dans la nuit.
À 12 heures, au-dessus de la fosse marine de Capbreton, prenant l’eau de toute part, le Frans Hals est océanisé.
Il laisse derrière lui l’ultime souvenir de cette dérive insolite : son hélice.

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