1745 : Bataille de Fontenoy

Le 11 mai, c’est la Bataille de Fontenoy lors de la guerre de succession d’Autriche.
DĂ©bouchant Ă la faveur d’une lĂ©gère brume face Ă Fontenoy et Ă Antoing, les forces hollandaises commandĂ©es par le prince souverain et militaire allemand Charles-Auguste de Waldeck-Pyrmont (1704-63) sont mises en dĂ©route Ă 2 reprises par les artilleurs français d’Antoing, de Fontenoy et du moulin de Bruyelle.
Plongés dans le chaos et démoralisés, les Hollandais restent dès lors passifs.
Lançant ses bataillons, le britannique William Augustus de Cumberland (1721-65) tente alors de percer les lignes françaises par le nord du village de Fontenoy.
Avec un extraordinaire courage les bataillons anglo-hanovriens abordent la 1re ligne française.
C’est le moment lĂ©gendaire des paroles du comte d’Anterroches : « Messieurs, nous ne tirons jamais les premiers ; tirez vous-mĂŞme !« .
Les Français remportent la victoire sur les Anglais et les Hollandais.
Au soir de la bataille, parcourant la plaine de Fontenoy Louis XV, prenant le Dauphin Ă tĂ©moin, dit : « Le sang des ennemis est le sang des hommes, la vraie gloire, c’est de l’Ă©pargner« .
1745-51 : la Pompadour

Le 14, la marquise de Pompadour (1721-64) devient officiellement la maîtresse du roi, elle a 23 ans.
Belle, cultivĂ©e, intelligente mais qui se mĂŞle activement aux affaires d’État en favorisant les rĂ©formes, elle est haĂŻe pour son rĂ´le dans la politique et ses dĂ©penses somptuaires.
Sa prĂ©sence auprès du roi ne fait qu’accentuer l’impopularitĂ© naissante.
Des pamphlets courent Ă Paris et ternissent de manière dĂ©finitive l’image du roi.
1752
Le 7 fĂ©vrier, un arrĂŞtĂ© du conseil du roi Louis XV interdit l’impression et la diffusion des 2 premiers volumes de « L’EncyclopĂ©die » ou « Dictionnaire raisonnĂ© des sciences, des arts et des mĂ©tiers« , Ĺ“uvre collective dirigĂ©e par Denis Diderot (1713-84) et d’Alembert (1717-83).


1757 : l’attentat
Le 5 janvier, un homme loue un chapeau et une épée à Versailles.
Il entre au château comme des milliers de visiteurs qui viennent tous les jours solliciter une audience auprès du roi.
Il est vu discutant avec d’autres visiteurs.
Un carrosse attend le roi dans le passage couvert qui va de la cour royale au parterre nord car il doit retourner Ă Trianon et s’Ă©tait dĂ©placĂ© jusqu’au palais de Versailles pour voir sa fille Victoire qui Ă©tait souffrante.
Vers 18h, le souverain descend son escalier intérieur et traverse la salle des Gardes du corps.
Il est accompagné du dauphin, du Capitaine des gardes du Roi, des Grand et Petit écuyers.
Il fait nuit.
Au sortir de la salle, éclairé par des torches, le roi est assailli par un individu qui le frappe fortement.
Ayant conservé son chapeau, le forcené est maîtrisé car il aurait dû se découvrir devant le roi !

Portant la main au cĂ´tĂ© droit, le roi pense qu’on lui a donnĂ© un coup de poing, mais sa main est ensanglantĂ©e.
Le couteau a pénétré entre la 4e et 5e côte, causant une blessure longue mais superficielle.
Louis XV est transporté dans sa chambre.
Il saigne abondamment et choquĂ©, il finit par s’Ă©vanouir.
Revenu Ă lui, il croit qu’il va mourir et rĂ©clame un prĂŞtre, confie le royaume au dauphin et demande pardon Ă la reine des peines qu’il lui a infligĂ©es.


Le coupable est un domestique de 42 ans du nom de Robert-François Damiens (1715-57).
ArrĂŞtĂ©, il est soumis au supplice car il faut savoir s’il a des complices mais ne dit rien.
Transporté à la Conciergerie, son procès a lieu du 12 février au 26 mars, date de sa condamnation.
Il est Ă©cartelĂ© et brĂ»lĂ© car il s’est rendu coupable du crime suprĂŞme : celui de lèse-majestĂ© !
Depuis le dĂ©but, le roi sait qu’il s’agit d’un acte isolĂ©.
Quoique remis de sa blessure au bout de 8 jours, il est toujours commotionnĂ© et l’attentat a laissĂ© des sĂ©quelles.
Devant l’Ă©moi gĂ©nĂ©ral, le roi entend changer d’attitude et veut regagner la confiance de ses sujets, renoncer Ă ses maĂ®tresses et prĂ©parer le dauphin Ă sa succession.
Sages dĂ©cisions qui n’auront qu’un temps : Madame de Pompadour va règner sur l’esprit du roi jusqu’Ă sa mort en 1764 et Louis XV va mourrir aussi mal aimĂ© qu’il fut le « Bien Aimé » !

Lien : Conciergerie
1766
Le 23 fĂ©vrier, l’ancien roi de Pologne et beau-père de Louis XV, Stanislas Leszczynski, est grièvement brĂ»lĂ© le 5 fĂ©vrier lorsque sa robe de chambre prend feu accidentellement devant la cheminĂ©e de sa chambre, au moment oĂą il veut raviver la braise dans son château de Luneville (Meurthe-et-Moselle, 54).
Il meurt Ă 87 ans.
Conformément aux traités signés avec le roi de France, ses possessions de Lorraine et de Bar deviennent françaises.

1768
La comtesse du Barry (1743-93) devient la maĂ®tresse du roi auquel Jean, comte Dubarry (dont elle a Ă©tĂ© la maĂ®tresse) l’a prĂ©sentĂ©e.
Louis XV lui fait épouser la même année Guillaume Dubarry (frère de Jean), puis la présente à la cour en 1769.
Elle se retire de la cour à la mort du roi, puis émigre en Grande-Bretagne en 1792 pour y cacher ses diamants.
Elle est arrĂŞtĂ©e et guillotinĂ©e au retour et condamnĂ©e Ă mort pour avoir dissipĂ© les trĂ©sors de l’État, conspirĂ© contre la RĂ©publique et portĂ© le deuil de Louis XVI.
1774 : la mort

Le 26 avril, il part au Petit Trianon avec Madame du Barry et quelques intimes.
Le lendemain, le roi se réveille incommodé, courbaturé et a mal à la tête.
Il entend cependant maintenir la chasse prévue.
Le soir même, toujours indisposé, il se couche sans souper et le mal augmente.
Le 28 avril, son Premier médecin Germain Pichault de La Martinière (1697-1783) ordonne son transfert à Versailles : le roi doit être soigné dans sa chambre.
Le souverain est atteint des premiers symptĂ´mes de la petite vĂ©role qui l’emportera.

Peu après, La Martinière est le seul des mĂ©decins du roi qui ose diagnostiquer ouvertement la prĂ©sence de la maladie et dire « qu’il regardait le roi comme perdu« , avis auquel finiront par se ranger les autres mĂ©decins.

Il meurt le 12 mai Ă 69 ans d’une septicĂ©mie aggravĂ©e de complications pulmonaires (consĂ©quences de la variole), Ă 15h30, Ă Versailles, dans l’indiffĂ©rence du peuple, la rĂ©jouissance d’une partie de la Cour et laissant le trĂ´ne Ă son petit-fils Louis XVI (1754-93).
Il est enterré clandestinement à basilique Saint-Denis à Paris, son tombeau sera profané et détruit sous la Révolution française, le 16 octobre 1793.
Fin, sensible et gĂ©nĂ©reux, mais faible de caractère, il n’a pas su moderniser le pays et prendre en compte les nouvelles attentes des Français.

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