Histoire d’Aigues-Mortes

XIIe siècle

Extension du port d’Aigues-Mortes.
D’Alexandrie en Égypte et de Gênes en Italie beaucoup de navires viennent et de longue date, s’abriter dans cette anse naturelle, dont le vrai créateur et rénovateur est le roi Louis IX.

Les habitants vivent de la pêche, de la chasse et de la récolte et la fabrication du sel produit dans différents petits marais salants en bordure de mer.
Un modeste port de pêcheurs existe sur le site actuel d’Aigues-Mortes, à quelques centaines de mètres de la vieille abbaye de Psalmodie.
La région est alors sous la domination de ces moines.

XIIIe siècle

Au cours du premier tiers du siècle, le site, qui est déjà connu sous le toponyme d’Aigues-Mortes, abrite une véritable activité portuaire maritime.

Saint LouisAu XIIIe siècle, la ville est un lieu de rassemblement des pélerins de Saint Gilles (Gard, 30), St Jacques, les Templiers et les Hospitaliers.

Autour des remparts et jusqu’au port de Saint Gilles, les mêmes Chevaliers de Malte ont su, au cours des siècles, créer des salins, assécher les marais, créer des canaux, construire des ponts et des moulins, inventer les coopératives fermières et fonder des hôpitaux.

Ils ont transformé ces terres arides des Cévennes et ces marécages du Rhône en terres fertiles et rentables.
Ils ont créé la géographie et la région.

En 1229, le traité de Paris, signé entre Saint-Louis et Raymond VII (1197-1249), héritier du Comté de Toulouse, rattache le Languedoc à la couronne et met fin à la guerre.

En 1240, le pape Innocent IV (1190-1254) appelle les souverains d’Europe à la croisade afin de reprendre Jérusalem des Turcs qui s’étaient emparés de la ville sainte.

Un débouché sur la mer Méditerranée faisait défaut au royaume de France :

  • La Provence est au début du XIIIe sous contrôle du Saint Empire Germanique de Frédéric II (1194-1250).
  • Le Languedoc Roussillon dont Montpellier est sous possession du roi d’Aragon, Jacques Ier d’Aragon
  • L’Aquitaine anglaise d’Henri III de Plantagenêt (1207-72) n’est pas loin à l’ouest.

Henri III d'Angleterre débarque en Aquitaine
Louis IX prend le commandement de l’expédition de la 7e croisade, mais ne disposant pas de port d’embarquement en Méditerranée, s’intéresse à la position stratégique que représente ce lieu pour son royaume : accéder à l’indépendance d’un port pour l’expédition des croisades.

Saint Louis embarquant à Aigues-Mortes
Il décide la construction d’une ville aux portes de son royaume afin de s’ouvrir un accès sur la Méditerranée.

Sur les terres d’Aquae Mortuae, les templiers possèdent de vastes pâturages viticole sur les marais de Listel, parfois à moins de 500 m de la mer.

De plus, ils ont creusé un nouveau port, afin de remplacer celui de Saint Gilles, qui s’ensable.
Aquae Mortuae est donc le seul territoire négociable.

Lien : Domaine vignoble Listel @

Louix IX obtient des moines de l’Abbaye de Psalmody la ville et les terres marécageuses près de Nîmes par échange, contre des terres arables des environs de Sommières (Gard, 30).
Il bénéficie de la gabelle, impôt prélevé sur la production du sel.

La Cité des « eaux mortes » est alors située sur les rivages d’une immense lagune qui communique avec la mer par les graus et avec le bras le plus occidental du Rhône par ses immenses marais.

Louis IX fait construire une chaussée endiguée, seul accès terrestre entre Aigues-Mortes et la terre ferme, défendue ultérieurement par la Tour Carbonnière.

Il construit une route entre les marais et y bâtit la Tour Carbonnière pour servir de tour de guet et ainsi protéger l’accès à la ville.
Il construisit également la Tour de Constance pour abriter sa garnison.

Tour de ConstanceTour Carbonnière

À partir de 1241, débutent les premiers travaux d’aménagement du futur port royal.

Saint Louis embarque pour les croisades
Les autres grandes étapes du projet capétien sont constituées par la charte de franchise de 1246 visant à attirer des habitants, puis par l’échange passé en août 1248 avec Psalmody, garantissant au roi la pleine propriété du terrain.

Le 25 août 1248, c’est de ce lieu que Louis IX part une première fois pour les croisades.

Dernières croisades de Saint Louis au départ d'Aigues-Mortes
Aigues-Mortes devient un point d’accès aux riches échanges commerciaux de la Méditerranée de tout premier plan en particulier l’Italie et l’Orient.
Le roi y attire la population en accordant à la ville une charte très libérale de privilèges et en forçant tout bâteau croisant à proximité à y faire relâche en acquittant un droit : la ville devient ainsi une place économique importante pour le commerce avec le pays du Levant.

Pierre III d'AragonEn 1270, les croisés sont convoqués dans le port d’Aigues-Mortes pour une nouvelle expédition.

L’embarquement a lieu le 1er juillet et Louis IX repart d’Aigues-Mortes pour la VIIIe croisade sur des vaisseaux génois qu’il loue.
Les navires se dirigent vers Cagliari (Sardaigne) puis vers Tunis (Tunisie) où il meurt le 25 août, victime de la dysenterie.

En 1272, Philippe III le Hardi (1245-85), ordonne la poursuite d’une enceinte (de remparts) autour de la ville puis entre en guerre contre Pierre III d’Aragon (1239-85) et le Royaume d’Aragon lors de la croisade d’Aragon.

Philippe III le Hardi Mais cette croisade est un échec pour le roi de France et la flotte catalane en profite pour prendre le contrôle de l’ensemble du littoral languedocien.

En 1275, l’ordonnance donnée au chevalier Guillaume de Roussillon (?-1277) par Philippe III le Hardi et le pape Grégoire X après le IIe Concile de Lyon du 7 mai 1274 en guise de renfort à Saint-Jean d’Acre en Orient, démontre que l’activité maritime y perdure toujours en vue d’une IXe croisade qui n’aura jamais lieu.

En 1278, le port devient l’unique porte du royaume du sud où transitent épices et laines.

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