Préhistoire
Vers 2 500 ans avant J.C.
Les vestiges les plus importants de la prĂ©sence humaine se trouvent sur le plateau de Carsac, d’une Ă©tendue de 25 ha, au sud-ouest de la CitĂ© actuelle, du mĂŞme cĂ´tĂ© que l’Aude.
Le plateau sur lequel est assise la citĂ© de Carcassonne commande la vallĂ©e de l’Aude, qui coule au pied de ce plateau, et par consĂ©quent la route naturelle de Narbonne Ă Toulouse.
Il s’Ă©lève entre la Montagne Noire et les versants des PyrĂ©nĂ©es, prĂ©cisĂ©ment au sommet de l’angle que forme la rivière de l’Aude en quittant ces versants abrupts, pour se dĂ©tourner vers l’est.
Carcassonne se trouve ainsi Ă cheval sur la seule vallĂ©e qui conduise de la MĂ©diterranĂ©e Ă l’OcĂ©an et Ă l’entrĂ©e des dĂ©filĂ©s qui pĂ©nètrent en Espagne par Limoux, Alet, Quillan, Mont-Louis, Livia, Puicerda ou Campredon.
Âge de bronze
Vers – 1 800 avant J.C.
Apparition du bronze, un nouveau mĂ©tal rĂ©sultatant de l’alliage du cuivre et de l’Ă©tain.
Progressivement, les outils et les armes en pierre sont marginalisés.
Vers – 1 000
Essor du site de Carsac, constituant le 1er Ă©tablissement carcassonnais, celui qui prĂ©cède la crĂ©ation de l’oppidum protohistorique, fondĂ© sur l’actuel Ă©peron de la CitĂ©, au cours du VIe siècle.
Des rĂ©seaux d’Ă©changes d’objets en cuivre et en mĂ©taux prĂ©cieux se structurent et se poursuivent jusque vers -600.
Le plateau est dĂ©sormais un noyau proto-urbain, contrĂ´lant les ressources agricoles locales et insĂ©rĂ© dans une Ă©conomie d’Ă©changes, nouant de nombreux contacts commerciaux avec plusieurs civilisations mĂ©diterranĂ©ennes : grecque, Ă©trusque (Italie), phĂ©nicienne (Liban) et ibĂ©rique (Espagne).
VIe siècle avant J.C
Premières traces de civilisation oĂą les premiers peuples, les Volques Tectosages, s’Ă©tablissent sur les bords du fleuve de l’Aude appelĂ© alors Atax oĂą s’elève un oppidum dominant la vallĂ©e de l’Aude.
Des fouilles archĂ©ologiques ont permis de dĂ©couvrir les restes d’un oppidum :
- cabanes de pisée (maçonnerie faite de terre argileuse, délayée avec des cailloux, de la paille et comprimée)
- clayonnage (assemblage de pieux et de branches d’arbres pour le toit)
Des poteries, des cĂ©ramiques, provenant parfois de loin, y sont Ă©tĂ© dĂ©couvertes, signifiant ainsi que « Carcaso » est alors un lieu d’Ă©changes commerciaux important.
Âge de fer
– 600 avant J.C.
DĂ©but de l’âge du fer.
Vers le VIIIe siècle avant J.-C.
L’oppidum de Carsac est Ă©tabli Ă 2 km au sud de la citĂ© actuelle.
L’agglomĂ©ration Ă©tendue sur les hauteurs d’un plateau sur plus de 20 hectares est protĂ©gĂ©e d’un fossĂ©, d’entrĂ©es en chicane et de plusieurs enceintes annulaires, sĂ©parĂ©es par des fossĂ©s atteignant jusqu’Ă 8 m de large, la plus importante de ces fortifications ayant 106 m de diamètre.
Sous la pression d’un accroissement dĂ©mographique, le site est rĂ©organisĂ© et agrandi vers la fin du VIIe siècle : un deuxième fossĂ© complĂ©tĂ© par des levĂ©es de terre et des palissades en bois est alors amĂ©nagĂ© pour assurer la protection de la nouvelle extension.
Vers 300 avant J.C.
Les Volces-Tectosages, peuple venu d’Europe centrale, soumettent les Ibères du Languedoc et s’installent Ă Carcassonne.
Peu de choses sont connues sur ce peuple.
D’après le gĂ©ographe Strabon, ils craignaient les Dieux et pour implorer leur protection accumulaient des quantitĂ©s importantes d’or ou d’argent.
Malgré leur or, les Volces-Tectosages bannissaient le luxe de leur vie.
Ils cultivaient des céréales dont les grains étaient broyés sur des meules à va et vient ou à roue.
Ils élevaient des chèvres, des moutons, des porcs, chassaient le cerf, le sanglier et le petit gibier dans les Corbières.
Antiquité
VIe avant J.C.
Les Volques Tectosages chassent les Ibères.
Ce peuple de chasseurs et d’agriculteurs est Ă son tour chassĂ© lorsqu’en 122 avant J.C., les Romains prennent la ville.
De l’Ă©poque gallo-romaine, il est possible de voir les vestiges qui servirent de fondations Ă la muraille actuelle.
Carcaso devient chef-lieu de la « Colonia Julia Carcaso« , une ville déjà fortifiée et centre administratif fortifié sur la voie romaine qui relie Toulouse à Narbonne.
Sans que l’on en cerne les raisons rĂ©elles, l’oppidum de Carsac est abandonnĂ© au dĂ©but de ce siècle pour ĂŞtre transfĂ©rĂ© sur la butte dominant la plaine de l’Aude.
Les vestiges recueillis lors de fouilles archĂ©ologiques tĂ©moignent de l’occupation de ce site du premier Ă‚ge du Fer jusqu’Ă la conquĂŞte romaine : murettes en pierre sèche, silos Ă grains, fours de potiers ou de bronziers.
La dĂ©couverte d’un mobilier abondant, plus particulièrement de cĂ©ramiques (amphores, coupes, vases …) attestent l’activitĂ© de cette agglomĂ©ration ouverte aux Ă©changes commerciaux Ă©tablis entre le pays audois et le bassin mĂ©diterranĂ©en.
Romains, Wisigoths et Sarrasins et invasions barbares
IIe siècle avant J.C. : vers – 120 avant J.C.
L’oppidum gaulois de la CitĂ©, occupĂ© par les cellto-gaulois, Ataxins Tectsages, est dĂ©truit par les lĂ©gionnaires du consul Domitius Ahenobarbus, pour faire place au Castrum Carcaso.
Ă€ la fin de ce siècle, l’agglomĂ©ration dĂ©signĂ©e alors sous le nom de Carcaso est intĂ©grĂ©e Ă la colonie de la Narbonnaise dont la fondation, en 118, constitue le premier jalon de la conquĂŞte romaine sur le sud de la Gaule.
Ier siècle avant J.C. : – 70 avant J.C.
Carcassonne est placée au nombre des cités nobles.
La via domitia passe aux pieds de la route du vin, de l’Ă©tain venant de Cornouaille en Ă©change d’amphores, de cĂ©ramiques.
Le petit centre administratif et commercial placĂ© sur la voie d’Aquitaine devient dans le dernier quart de ce dernier siècle avant notre ère le chef lieu de la colonie Julia Carcaso dont l’emprise occupe la partie occidentale du bassin audois.
Les recherches archĂ©ologiques ont permis de prĂ©ciser la morphologie de ce centre urbain dont la superficie est Ă©tendue au pourtour de la butte grâce Ă l’amĂ©nagement de puissants remblais, et au delĂ vers le nord, le long de la route menant Ă Narbonne.
Les vestiges de murs en blocs de grès, de parois recouvertes d’enduits et de sols ornĂ©s de mosaĂŻques aux dĂ©cors gĂ©omĂ©triques situent l’emprise de bâtiments antiques dont les orientations pourraient suggĂ©rer une trame urbaine orthogonale, propre Ă l’urbanisme romain.

407
Les Goths pénétrent dans la Narbonnaise première, ravagent cette province et passent en Espagne.
436
MenĂ©es par leur roi ThĂ©odoric, prise de Carcassonne par les Wisigoths, installĂ©s en Aquitaine, d’oĂą ils sont chassĂ©s 507 par les Francs, et se replient sur l’Espagne en conservant le Bas Languedoc, appelĂ© alors la Septimanie.
439
Le traitĂ© de paix qu’il conclut avec l’Empire le laisse possesseur de cette ville, de tout son territoire et de la Novempopulanie, Ă l’ouest de Toulouse.
440
Clovis assiège la ville dĂ©fendue par l’envahisseur wisigoth Alaric II et tente de prendre la ville, mais sans succès, elle est bien tenue par les Wisigoths, qui ne la cĂ©deront qu’aux Sarrazins Ă l’Ă©poque de l’expansion arabo-musulmane.
La ville est sauvée par les hordes de Théodoric, son beau-père.
Avant le VIe siècle
Carcassonne est Ă©vangĂ©lisĂ©e et les traditions de l’Église nomment saint Hilaire (VIe siècle) comme son 1er Ă©vĂŞque.
Le pays est alors sous la domination ds Wisigoths.
Carcassonne est alors entourĂ©e de formidables remparts construits d’après les traditions romaines des bas temps.
Les Visigoths, alliĂ©s des Romains, ne font que perpĂ©tuer les arts de l’Empire.
Après l’expĂ©dition de Gontran, roi de Bourgogne, en Narbonnaise en 588, le siège Ă©piscopal est soit Ă©rigĂ©, soit restaurĂ©, avec, pour territoire, delui de la « Civitas Gallo-romaine« .

636
Le SĂ©nat, sur l’avis de Lucius Crassus, dĂ©cide qu’une colonie romaine soit Ă©tablie Ă Narbonne et la lisière des PyrĂ©nĂ©es est bientĂ´t munie de postes importants afin de conserver les passages en Espagne et de dĂ©fendre le cours des rivières.
Les peuples Volces Tectosages n’opposant pas de rĂ©sistance aux armĂ©es romaines, la RĂ©publique accorde aux habitants de Carcassonne, de Lodève, de NĂ®mes, de PĂ©zenas et de Toulouse la facultĂ© de se gouverner suivant leurs lois et sous leurs magistrats.
VIIIe siècle : 725
Les Sarrazins, conduits par Ambasa, s’emparent de la ville, mais ne l’occuperont pas très longtemps, puisqu’elle est reprise par PĂ©pin le Bref (715-768) dès 759.
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