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Les Salins d’Aigues-Mortes

Aux portes de la ville et Ă  l’ouest du Petit RhĂ´ne, l’implantation des Salins du Midi rappelle que la Camargue est pour la France le plus important centre de production de sel marin.

Carte de la Camargue

Bref historique de la Camargue

Les salins gardois de Peccais, tout près d’Aigues Mortes, sont les plus anciens salins de la MĂ©diterranĂ©e.
Ils sont probablement d’origine romaine, datant de l’AntiquitĂ©, et leur nom serait l’hĂ©ritage d’un « ingĂ©nieur » romain, Peccius, chargĂ© d’organiser la production de sel au dĂ©but de l’ère chrĂ©tienne.

Au Moyen-Ă‚ge, la consommation et l’usage du sel s’intensifient et les abbayes du sel se dĂ©veloppent, notamment l’abbaye bĂ©nĂ©dictine de Psalmody et l’abbaye cistercienne de SylvĂ©rĂ©al, sur les Salins de Peccais.
Les moines sont Ă  la fois responsables de l’exploitation du sel et de son commerce.

Au XIIIe siècle, le sel tient un rôle politique déterminant vis à vis des pays non producteurs.
La gabelle, créée par Charles Ier d’Anjou, permet un meilleur contrĂ´le de la production et du commerce du sel.

En ce dĂ©but du XIIIe siècle, la presque totalitĂ© des Salins de Peccais appartient aux Moines de Psalmody, et les vestiges de cette abbaye bĂ©nĂ©dictine se trouvent sur la commune de Saint Laurent d’Aigouze.

Depuis 1290, les Salins de Peccais appartiennent au roi de France et deviennent le site d’exploitation du sel le plus important du littoral mĂ©diterranĂ©en.

L’importance d’Aigues-Mortes, port fluvial et maritime, contribue au dĂ©veloppement des salines toutes proches.
Ă€ partir du XVe siècle et jusqu’Ă  nos jours, ce sont les activitĂ©s salinières qui font prospĂ©rer la ville.

Au XVIe siècle, 16 salines sont recensées à Peccais.

Henri IV Au XVIIe siècle, 20 salines sont recensées.
À la fin du même siècle, les Salins de peccais fournissent le bas Languedoc, le Rouergue, le Lyonnais, la Bourgogne, la Bresse, la Savoie et la Suisse.
De plus, Henri IV, avec l’aide de son Ministre des Finances, Sully, limite la culture du sel par un Ă©dit du 16 novembre 1596 afin de lutter contre le faux saunage qui devient une activitĂ© courante dans les rĂ©gions mĂ©ridionales.

L’Ă©dit stipule que les salins du Languedoc doivent ĂŞtre noyĂ©s Ă  l’exception de ceux d’Aigues-Mortes, de Sigean (Aude, 11) et de Peyriac-Minervois (Aude, 11).

Sully Ă€ la disparition de la gabelle, la consommation en sel augmente et les agriculteurs s’en servent comme engrais.
À la même époque, est découvert le procédé chimique de fabrication de la soude à partir du sel et Aigues-Mortes devient le fournisseur de soude des savonneries de Marseille.

En 1856, les salins d’Aigues-Mortes se rassemblent officiellement pour fonder la Compagnie des Salins du Midi.

Certificat
En 1893, Aigues-Mortes est le théâtre d’un conflit entre ouvriers italiens et français travaillant dans les Salins de Peccais qui dĂ©gĂ©nère : 9 ouvriers italiens y trouvent la mort, entre 49 et une centaine d’ouvriers (dont 4 français) sont blessĂ©s par une foule encouragee par le maire Marius Terras.
Aucune condamnation n’est prononcĂ©e.

Ă€ la fin du XIXe siècle, quelques inovations techniques apparaissent dans l’exploitation du sel.
Les systèmes d’Ă©lĂ©vation de l’eau se perfectionnent avec la mise en place de machines Ă  vapeur.
L’Ă©tendue salantes se multiplie et la productivitĂ© augmente, mĂŞme si la rĂ©colte reste manuelle.

C’est en 1950 que l’exploitation du sel devient entièrment mĂ©canisĂ©e.

Le salin d’Aigues-Mortes s’Ă©tend, de nos jours, sur 10 800 ha (18 km) de terres sauvages oĂą l’eau de mer, après avoir Ă©tĂ© pompĂ©e, va circuler pendant 5 mois et progressivement se concentrer pour permettre la cristallisation sur les tables salantes.
Le sel recueilli est ensuite stocké en camelle, véritable montagne de sel de plus de 20 m de haut et 400 m de long.

Les Salins
Le salin d’Aigues-Mortes constitue une partie de la deuxième richesse biologique mondiale après la forĂŞt tropicale et joue un rĂ´le majeur dans le maintien de la biodiversitĂ© :

  • 30 % des espèces vĂ©gĂ©tales remarquables ou menacĂ©es y rĂ©sident.
  • 50 % des espèces d’oiseaux en dĂ©pendent.

Le salin d’Aigues-Mortes est un lieu de repos car les oiseaux migrateurs sont peu dĂ©rangĂ©s dans les vastes Ă©tendues camarguaises.
C’est un grand rĂ©servoir de nourriture et un lieu de reproduction d’une importance primordiale pour les oiseaux qui y sĂ©journent durant le printemps et l’Ă©tĂ©.

Technique d’exploitation du salin

La mise en eau du salin (au mois de mars)

Au dĂ©but du printemps, saison oĂą les Ă©vaporations naturelles deviennent plus importantes que les pluies, l’exploitation est mise en eau grâce Ă  une station de pompage situĂ©e Ă  12 km au sud de l’entrĂ©e du salin.

Elle est composĂ©e d’un canal la reliant Ă  la mer et d’un groupe de 5 pompes totalisant un dĂ©bit de 45 millions de mÂł d’eau de mer.

La concentration (au printemps)

Sous la conduite des sauniers, vĂ©ritables agriculteurs de la mer, ces eaux, au fur et Ă  mesure de l’Ă©volution de leur concentration sous l’effet du soleil du Midi et des vents, circulent sur 136 bassins (ou partènements) totalisant une surface d’Ă©vaporation de 7 500 ha.

CeinturĂ©s par plus de 450 km de digues et mis en communication par 800 ouvrages, ce sont en gĂ©nĂ©ral d’anciens Ă©tangs sur lesquels la saumure parcourt, en 3 mois et demi, un trajet moyen de l’ordre de 60 km au cours du quel les 9/10e du volume des eaux pompĂ©es Ă  la mer Ă©tant progressivement Ă©vaporĂ©s, la teneur en sel (Na Cl) de l’eau de mer passe de 29 g/litre en mer Ă  260 g/litre Ă  l’entrĂ©e des cristallisoirs.

La cristallisation (en été)

Constitués de 52 bassins rectangulaires de 5 à 11 ha, les cristallisoirs, ou tables salantes, couvrent une superficie de 410 ha.
En annĂ©e moyenne, les saumures saturĂ©es, qui y sont introduites entre avril et septembre, dĂ©posent, au fil des Ă©vaporations, un gâteau de sel de 9 cm d’Ă©paisseur.

Les saumures saturĂ©es, dont l’Ă©paisseur sur table varie de 15 Ă  20 cm, ont une belle couleur rose due Ă  des micro-organismes du type algues microscopiques, appelĂ©es « Dunaliella Salina« .

Récolte du sel de mer (en septembre)

Elle a lieu une fois par an, avant les fortes pluies d’automne.
Durant un mois, toutes les énergies sont mobilisées pour « lever » un sel de qualité.
Les récolteurs, spécialement étudiés, moissonnent le gâteau de sel en le soulevant délicatement du sol.

Cette méthode permet de recueillir un sel particulièrement pur, dont le taux de chlorure de sodium atteint 99.5 %, soit un pourcentage supérieur à celui préconisé par la norme alimentaire internationale en vigueur (codex alimentarius).

La gamme des sels de mer La Baleine sur le site d’Aigues-mortes, au cĹ“ur d’une nature sauvage, gage de sa naturalitĂ© et son authenticitĂ©, nĂ© ainsi, chaque annĂ©e, le sel de mer La Baleine, fruit du soleil du Midi, des vents (Mistral, Tramontane) et de la mer MĂ©diterranĂ©e.

Sur la recommandation des pouvoirs publics et conformĂ©ment aux prĂ©conisations de l’Unicef, certains de ces sels sont enrichis en iode et en fluor.

La Baleine participe ainsi Ă  l’Ă©quilibre alimentaire de la famille.

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